Dans cette vidéo, je vous présente un premier principe important pour établir un jardin-forêt en syntropie : produire son paillage sur place en fauchant l’herbe tardivement.

J’ai conseillé un ami pour son jardin. Il en avait un peu marre de devoir tondre régulièrement avec sa tondeuse son terrain qui est quand même assez grand.

Je lui ai proposé de définir des espaces où l’herbe serait encore tondu régulièrement (il a créé des sortes de chemins dans son jardin) ; mais aussi de laisser pousser l’herbe à certaines endroits.

Ces espaces seront fauchés tardivement avec une faux ou une débroussailleuse à lames (l’herbe serait trop haute pour être tondue avec une tondeuse).

Dans l’idéal, nous fauchons au moment où les épis des herbes sont présents mais les graines ne sont pas encore matures. Cela permet de récolter un paillage un peu azoté. Pour moi, dans le département de la Loire, je fauche au mois de juin. Si vous ne fauchez pas à temps, ce n’est pas très grave de le faire en juillet. Mais l’important c’est surtout de ne le faire trop tôt.

On entretient aussi son jardin de manière plus efficace car ces espaces sont fauchés une seule fois par an (on peut parfois envisager une fauche à l’automne, mais personnellement je ne le fais pas, car le froid de l’hiver arrive rapidement dans mon contexte, l’herbe ne repousse pas suffisamment pour être fauchée ).

La plupart du temps, je vois des terrains où l’herbe est tondue très régulièrement, ce qui est normal car on ne peut pas passer la tondeuse sur des herbes hautes. Cela engendre beaucoup d’entretien et l’herbe s’appauvrit beaucoup. 

Alors il y a aussi les robots tondeuses. Mais la plupart du temps je vois les personnes la mettre en route chaque semaine ! On détruit littéralement notre prairie en faisant cela. 

Nous devons considérer que l’herbe a de la valeur, elle est la base de la fertilité de nos potagers, fruitiers, plantes et arbres d’ornements. Prenons en soin, et faisons en sorte d’en avoir en plus grande quantité ! 

D’année en année, les herbes seront de plus en plus hautes sur ces espaces de fauche tardive. On permet aux herbes de grande taille de pouvoir s’enraciner et se développer.

Bien sûr, il faut aussi accepter avoir des herbes hautes dans son jardin, ce qui n’est pas le souhait de tout le monde.
Mais avoir des herbes de plus en plus hautes, cela veut dire plus de paillage, d’autonomie et de résilience.

Au début, lorsque l’on commence à faucher tardivement, les herbes ne poussent pas très haut. Cela est dû au fait que les herbes hautes n’ont pas le temps de s’enraciner si on tond trop régulièrement.

J’ai appris ce principe avec Scott Hall dans la vidéo suivante :

L’herbe fauchée est ratissée avec un râteau, ou un râteau à feuilles ou un râteau à foin ; pour être disposée au pied des arbres qu’on a planté.
On peut aussi s’en servir pour pailler un potager si on en a un.

Les jardiniers sont souvent réticents pour pailler avec du foin car cela ramènerait des graines de « mauvaises herbes » (que l’on appelle maintenant  » plantes spontanées » ou « adventices »).

Mais en syntropie ce n’est pas un problème, nous accueillons ces plantes spontanées ; mais nous les taillons juste après leur floraison, afin qu’elles aient joué leur rôle dans notre jardin (décompactage du sol, ou alors apporter un élément nutritif au sol).
Après floraison, les plantes mettent de l’énergie dans leurs graines et génèrent de la senescence, ce qui ralentit la croissance des plantes autour.
En taillant au bon moment, on évite cela. On accueille les plantes spontanés et on en tire le plus grand bénéfice.
On appelle cela le désherbage sélectif, vous pouvez lire mon article à ce sujet en cliquant ici. 

Ce principe de fauche tardive est simple, il constitue la base pour commencer un jardin-forêt à partir d’une prairie.
On fonctionne avec le paillage que l’on peut produire sur place, cela nous évite d’en ramener de l’extérieur chaque année.

Ramener de la matière organique de l’extérieur (foin, compost, broyat de bois, fumier, ou autre) peut tout de même être envisagé, mais en ayant conscience que cela implique de la logistique et/ou un coût.
Et d’une certaine manière, le lieu d’où la matière organique provient, en avait aussi peut être besoin pour augmenter sa fertilité !

Pour ma part, j’ai fais le choix d’acheter 2 bottes de foin à un éleveur bio local à 30€ la botte, pour nourrir mon potager. C’est aussi solution assez économique pour moi et adaptée à mon contexte. Cela me permet d’intensifier la production sur un espace.

Donc tout est possible, l’idée est de trouver le plus de cohérence dans son contexte.

Cette fauche tardive permet aussi bien sûr d’accueillir plus de biodiversité animale et végétale.

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